Epitaphes : signification et histoire

L’épitaphe (du grec ancien “ce qui est au-dessus de la tombe”) est une inscription funéraire faite pour honorer la mémoire d’un défunt. Dans l’Athènes grecque antique, l’épitaphe était une oraison funèbre publique en l’honneur des soldats tombés au combat au cours de l’année écoulée. À Rome, l’épitaphe est devenue une évolution de la laudatio funebris, le discours prononcé par un fils ou un parent du défunt, et c’est là qu’elle a atteint de très hauts sommets de valeur littéraire avec des compositions telles que celles de Martial. Elles sont encore reprises jusqu’au Moyen-âge et vers le XIXe siècle. Ce n’est que plus tard que l’épitaphe est devenue synonyme des inscriptions gravées sur les pierres tombales du défunt.

Propos déscriptif

Comme un discours prononcé lorsque le défunt venait d’exhaler son dernier souffle, l’épitaphe était un discours au ton sérieux et méditatif, louant le défunt ou faisant l’éloge de la personne afin que sa mémoire reste imprimée sur le survivant. L’idée de graver l’épitaphe sur la pierre tombale vient précisément de ce désir de transmettre le souvenir du défunt à la postérité et de transmettre son souvenir pour toujours dans le futur à celui que je croiserai devant sa tombe.

But de l’épitaphe

Le but de l’épitaphe, à l’époque romaine comme aujourd’hui, est de se souvenir et d’honorer le défunt. À l’époque romaine, ce sont les grands poètes qui se sont essayés à ce genre littéraire (Martial et Catulle par exemple). Aujourd’hui, il est possible de choisir des morceaux d’auteurs célèbres et il n’est pas rare que certains poètes composent leur propre épitaphe de leur vivant et beaucoup choisissent de ne pas adopter un ton triste et solennel mais préfèrent composer des épitaphes drôles. En raison de son caractère de message aux vivants, l’épitaphe doit généralement comporter un élément qui reste imprimé dans la mémoire de ceux qui lisent, qui les fait réfléchir ou réfléchir sur la vie et le temps qui passe inexorablement, qui donne un sens à la vie et à la mort, avec une inscription sur le tombeau.

Épithaphes poétiques

Certains épitaphes romaines sont si poétiques qu’elles sont considérées comme de véritables chefs-d’œuvre de ce genre littéraire, d’autres sont conçues pour être ironiques ou satiriques mais toujours respectueuses du moment du deuil. Il y a une épitaphe très célèbre que le poète latin Martial a écrite à l’occasion de la mort d’une servante de six ans, fille de Frontone et de Facilla, déjà morte des années auparavant:

« À vous, Père Frontone, à vous, parent Flaccilla,
je confie cet enfant, bouche (tendre) et ma joie,
pour que la petite Erotion ne craigne pas les ombres noires
et les bouches monstrueuses du chien des enfers.
Elle aurait juste terminé les gelées du sixième hiver,
si elle avait vécu pas moins d’autant de jours.
Entre les si anciens protecteurs peuvent (le) jouer coquin
et mon nom avec ma bouche (encore) avec la barbe méfiante.
Les os délicats sont protégés par une motte pas dure, et toi,
terre, ne sois pas lourde pour elle : elle n’était pas (elle) pour toi. ».