Importance de la conversation qui précède la mort

Personne n’est assez jeune pour mourir aujourd’hui. L’étape inévitable dans la vie de tout être vivant est la mort. Même si nous en sommes conscients, nous continuons à vivre dans une bulle, en nous persuadant que nous resterons dans ce monde pour un temps indéfini. La réalité n’est pas toujours ce que nous attendons. Parfois, la vie n’aide pas beaucoup. Il peut arriver que notre partenaire nous quitte, que notre corps tombe malade ou que notre meilleur ami soit tué dans un accident de voiture. De tous les panoramas possibles, le plus complexe est celui où la mort est latente dans la vie d’une personne qui nous est chère, peu importe la raison. Le véritable choc vient de l’idée de devoir affronter le processus de la mort sans qu’il y ait d’alternative.

Comment se préparer à dire au revoir ?

Gardez les bons souvenirs pour les mauvais moments et écoutez. Vivez, dites ce que vous ressentez, sentez ce que vous valez, rêvez ce que vous voulez et sachez que vous êtes déjà riche de ce que vous avez. Dans notre société, il n’est pas fréquent que nous prenions un peu de temps juste pour nous. C’est peut-être précisément la raison pour laquelle les techniques de méditation sont si populaires : après tout, nous voulons profiter de quelques moments sans interruptions extérieures. Lorsque vient le moment de dire au revoir à un être cher, vous avez besoin de temps pour vous. Ignorez toutes les sources de distraction et concentrez-vous sur vous-même ; donnez-vous le temps de ressentir de la tristesse, de la colère, de la frustration. Vous devez passer par toutes les étapes nécessaires et, en fin de compte, accepter le fait que cette personne ne sera plus avec vous. Que ressentez-vous ? Que devez-vous lui dire ? Avez-vous vraiment besoin de lui dire tout ce que vous pensez ? Ne vous y trompez pas, ce sera un moment très douloureux, mais il vous donnera aussi la possibilité de changer certaines circonstances. Il est important de pleurer, de se mettre en colère et d’accepter le fait que le changement arrive. Il serait bon de ne rencontrer la personne en question qu’après avoir longuement médité sur la situation. Il est probable que la personne confrontée à la mort ait besoin de parler plus que d’écouter. Donnez-lui du temps, laissez-la dire ce qu’elle a à dire et montrez-lui que vous êtes là pour elle. Ne lui donnez de l’espoir que si la réalité le permet. Vous voulez peut-être rassurer cette personne, mais vous n’avez pas à lui mentir, il n’est pas bon de créer de faux espoirs sur d’éventuels traitements miracles. S’il existe des possibilités, elles doivent être présentées sans exagération.

Aider l’autre à accepter sa condition

Après tout, la mort n’est rien d’autre qu’un signe qu’il y avait de la vie. Une partie très importante de cette conversation difficile consiste à s’assurer que l’autre personne comprend son état. Cette conversation n’est jamais facile, mais il est important d’écouter attentivement ceux qui sont sur le point d’affronter la mort. En leur faisant comprendre que leur opinion nous intéresse, nous leur donnons le pouvoir de gérer leur vie, ce à quoi personne ne doit renoncer. Si vous n’êtes pas en mesure de travailler ensemble pour rendre le processus moins lourd, faites simplement don de votre présence. La compagnie des proches est très importante dans de tels cas.

L’importance de cette conversation

“La mort ne nous enlève pas nos proches. Il les préserve et les cristallise dans nos mémoires. C’est la vie, très souvent, qui nous les enlève à jamais”. La plupart des gens essaient toujours de reporter cette conversation, de se convaincre qu’il reste du temps. Et ce n’est pas toujours le cas. Les choses peuvent changer très rapidement. Il arrive souvent que ceux qui ont évité cette conversation se sentent coupables de ne pas avoir expliqué ce qu’ils avaient à dire. Si vous avez peur d’aborder ce sujet, commencez à écouter ce que la personne a à vous dire à ce moment si proche de la mort. Peu à peu, vous comprendrez si vous avez quelque chose à dire ou non. Certaines conversations peuvent se terminer en quelques minutes, tandis que d’autres semblent interminables. Ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas à dire ou à faire ce que vous ne voulez pas. Il est toujours préférable de dire au revoir Et ne laissez pas le temps nous battre.

Comment vivre les étapes du deuil ?

La perte d’un être cher est sans aucun doute l’un des événements les plus pénibles que l’on puisse vivre. Si chaque personne vit son chagrin à sa manière, tous passent par les étapes du deuil que nous vous expliquons ici.

La mort a beau faire partie du cours normal des choses, rien ne peut nous mettre à l’abri de la douleur qui accompagne un deuil. C’est un passage obligé, mais on y est bien mal préparé.

Depuis quelques générations, la mort a été évacuée de notre quotidien. Il y a cent ans, la plupart des mères avaient perdu un enfant en bas âge. Les gens mouraient à la maison, entourés de leur famille. La mort faisait partie de la vie. Et puisque la religion était omniprésente, la mort avait un sens pour les croyants. Elle n’était pas une fin, mais une autre étape. Et les rituels entourant le décès et visant à faire nos adieux se faisaient entourés de nos proches.

Or, de nos jours, avec la laïcisation de nos vies et les progrès médicaux qui isolent souvent le mourant, la mort est un événement dépouillé de tout sens, qui tient plus du macabre. Il est donc difficile, dans ces circonstances, de vivre son deuil ou d’aider un proche à passer à travers cette épreuve. Or, il n’y a pas de recette miracle; le processus de deuil prend du temps et il est important de comprendre comment se déroule cette longue guérison. Un deuil mal vécu peut avoir des effets dévastateurs sur notre santé physique et mentale. Inversement, plusieurs endeuillés ayant terminé leur « traversée du désert » affirment que cette épreuve a été une occasion pour eux de se connaître davantage et de changer pour le mieux

Les étapes du deuil

Les spécialistes affirment qu’il faut en moyenne deux ans pour vivre un deuil. L’intensité de la douleur dépend grandement de la relation qu’on entretenait avec la personne décédée et les circonstances de la mort. Tous s’entendent pour dire que la mort d’un enfant est une des pires souffrances psychologiques qui soient. Malgré ces variables, tous les endeuillés passent plus ou moins par les mêmes étapes. C’est Elizabeth Kübler-Ross, une psychiatre suisse, qui a été la première à les identifier. Depuis, différentes écoles ont modifié quelque peu le nombre et l’appellation de ces étapes, mais on ne s’éloigne jamais beaucoup de la proposition initiale de Kübler-Ross.

1. Le choc ou le déni

À l’annonce de la mort, on entre dans une sorte de bulle. On se sent anesthésié et détaché. On se sent exclu de la vie normale et du monde des vivants. Certains refusent de croire ce qui arrive et vont continuer à planifier des activités avec le disparu.

2. La colère

On en veut à l’être aimé d’être « parti », on en veut à la vie, aux circonstances, au personnel médical, bref on ressent une vive colère. La culpabilité est souvent très présente dans cette étape.

3. Le marchandage

On veut retrouver notre vie normale, notre vie d’avant et on est prêt à changer pour que cela arrive. Il s’agit d’une autre forme de déni de la réalité. Bien qu’on ne croie pas réellement au retour du défunt, on imagine que si on avait agi autrement lors de tel ou tel événement, le décès ne serait pas arrivé. La culpabilité nourrit aussi cette étape.

4. La dépression/la tristesse

La réalité nous rattrape. On comprend qu’on ne reverra plus jamais la personne décédée. On réalise que des rêves et des projets communs ne se réaliseront jamais. La tristesse nous submerge et fait parfois place à la dépression.

5. L’acceptation

On a fait le deuil de notre vie avec le défunt, de notre vie d’avant. On s’habitue graduellement à notre nouvelle réalité. On a de nouveaux projets, de nouveaux rêves. On pense toujours à la personne décédée, mais de façon de moins constante, avec une douleur moins vive.

Il est important de comprendre que chaque deuil est unique. Certaines de ces étapes peuvent être vécues avec plus d’intensité ou plus longuement que d’autres. Et surtout, il ne s’agit pas ici d’étapes qui suivent un ordre précis. On peut éprouver de la colère un jour, une grande tristesse le jour suivant, puis de la colère à nouveau ou de la culpabilité le lendemain.

Des conseils pour vivre son deuil

– Soyez indulgent avec vous-même

Le processus de guérison prend du temps et, comme on vient de le voir, il n’est pas linéaire. Il faut accepter que certains jours seront plus difficiles que d’autres. Quand on se retrouve dans un creux de vague, on prend soin de soi, on se ménage. Inutile de tenter de prouver à soi et aux autres qu’on est fort. Oui, on allait bien la semaine passée, mais cette semaine, c’est plus difficile.

– Exprimez ce que vous ressentez

Si vous êtes incapable de verbaliser vos émotions, écrivez, dessinez. Il est important d’extérioriser votre peine.

– Demandez de l’aide à vos proches

Ne soyez pas surpris si, après quelques mois, le téléphone cesse de sonner. La mort est un sujet qui rend beaucoup de gens très mal à l’aise. Vos amis pensent encore à vous, mais ne savent sans doute pas quoi faire ou quoi dire. N’hésitez pas à leur dire que tout ce dont vous avez besoin, c’est de leur écoute et de leur présence.

– Consultez

Allez consulter un professionnel de la santé mentale ou joignez-vous à un groupe de soutien aux endeuillés, si nécessaire. Il est important de briser l’isolement.